15. L'ECORCEE DE ST-PAUL DE MAUSOLE


Cette pièce est pour moi chargée d'histoire:  avec elle j'ai salué l'an 2000  par un bug tout à fait personnel.

Il m'a conduite à faire un  apaisant séjour  derrière les volets de la clinique St-Paul de Mausolé à St-Rémy de Provence. 
La même qui avait avec bienveillance accueilli Van Gogh. 



Le parc et la façade n'ont pas changé.

Ce n'était pas l'époque des iris ni des tournesols, mais dans les Alpilles hivernales, j'ai fait de longues promenades, intelligemment autorisées dans son protocole par son bohème médecin d'aujourd'hui qui ne porte pas exactement le même costume que le docteur Peyron peint par Van Gogh dans ce tableau.


Elles ont incrusté mes pupilles de leurs troncs d'oliviers, d'amandiers, de pins et de chênes lièges aussi torturés que mon esprit.
 
J'avais emporté un sac de terre dans ma valise et dans ma chambre solitaire, devenue plus confortable que celle de Vincent, je remplaçais la sieste par de longues séances d'écorçage, pour en libérer un corps au tronc solide, visant tête haute la lumière pour se relever.
 
Zoomez sur ces photos prises tout près de la clinique, vous y reconnaîtrez les lieux peints par Van Gogh. Pendant l'année que durera son hospitalisation il peindra 150 toiles et fera une centaine de dessins.

Sans vouloir hasarder une comparaison évidemment ridicule, je dirai simplement que cette connection à la terre dans ce lieu et ces conditions si particulières, a en tout cas déclenché pour moi un regain de créativité les années qui ont suivi.

 
J'ai bien plus tard offert cette pièce à une amie qui m'est très chère et qui, loin de reculer devant mes écorchures passagères, souvent les accompagne et les aide à cicatriser. 

Je suis de plus en plus convaincue que le soin le plus pérenne que nous pouvons recevoir et prodiguer est celui de la véritable amitié.
 

J'ai repris la patine plusieurs fois, elle mesure 35 cms



 
Je me suis attachée à ce lieu et j'y retourne souvent en touriste.

En toute saison il est chargé d'énergie: l'hiver la lumière est claquante, l'été le chant des cigales envoûtant, et au printemps les arbres de Judée vous titillent... vous donnent presque l'envie de refaire un petit coup de folie.




  

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Votre site est exceptionnel. Votre plume comme vos sculptures. Elles comportent toutes les deux à la fois la sincérité, la sensibilité et la liberté qui vous caractérisent nourris par les traces des nœuds, des blessures psychologiques qui se sont incrustés dans votre corps. Ces derniers sont vivants en mouvements permanents vers une recherche de solution malheureusement attachés à des sataniques piquets qui ont limité votre périmètre de circulation et d’accès au plaisir. Vous payez très cher l'origine de votre œuvre artistique. Sa qualité , sa générosité profitent au public, à vos fidèles amis et à votre frère Dominique que vous avez toujours soutenus dans leurs périodes de souffrances malgré vos propres difficultés . Bravo à ce personnage qui vous ressemble temps. Vos admirables sculptures.
Bien à vous
docteur Jean Marc Boulon